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4. Les tendances au Canada

À moins d'indication contraire, les données citées dans la présente section du rapport sont tirées des tableaux d'analyse de l'efficacité énergétique publiés par Ressources naturelles Canada (RNCan) et de la publication correspondante, Évolution de l'efficacité énergétique au Canada, de 1990 à 2004 (août 2006). Ces données concernent la consommation d'énergie secondaire ou l'utilisation finale de l'énergie. Contrairement à certaines autres publications, ces données ne tiennent pas compte de la consommation d'énergie primaire (la quantité d'énergie consommée au point de production). Il est important de souligner que, si l'information contenue dans cette publication est conforme aux données agrégées sur la consommation d'énergie recueillies par Statistique Canada, la répartition de la consommation d'énergie par catégorie (p. ex. selon le mode, l'utilisation finale ou le sous-secteur) repose plutôt sur une combinaison de données d'enquête et de jugement professionnel12.

Les variations annuelles de la consommation d'énergie par secteur résultent de la combinaison des facteurs « activité », « structure », « niveau de service », « conditions météorologiques » et « efficacité » décrits à la section 2. La définition exacte de chaque terme peut différer d'un secteur à l'autre, mais le recours à une terminologie commune favorise la cohérence de la démarche d'analyse et de présentation, en particulier en ce qui concerne la connaissance des moteurs de changement et des perspectives d'amélioration de l'efficacité énergétique.

La section 4.1 décrit les tendances générales de l'économie canadienne. Les sections qui suivent traitent de chacun des secteurs clés. Bien que l'efficacité énergétique soit la variable qui nous intéresse, les changements aux niveaux du secteur, du sous-secteur et de l'utilisation finale sont décrits en termes d'intensité énergétique parce qu'à ces niveaux, il est plus difficile de distinguer l'apport des divers facteurs autres que l'activité. Cependant, dans la mesure du possible, le texte comprend une analyse de l'apport de l'efficacité technique par comparaison avec les autres facteurs.

4.1 Les tendances générales

La consommation d'énergie au Canada a augmenté de 23 % (1 592 PJ) au cours de la période de 1990 à 2004 (pièce 4.1). Cette augmentation a été alimentée par une croissance de 33 % de l'activité (une variable qui combine la surface utile dans le secteur résidentiel et le secteur commercial et institutionnel, le nombre de ménages, le nombre de voyageurs-kilomètres parcourus et de tonnes-kilomètres parcourus et la production industrielle). Dans l'ensemble, l'efficacité énergétique a augmenté de 13 % au cours de la même période, pour une économie d'énergie d'environ 903 PJ. Il n'y a eu aucun changement important dans l'effet de la structure sur la consommation d'énergie, la tendance aux industries à intensité énergétique moindre étant annulée par des changements de structure dans les autres secteurs.

Figure 4.1 : Variations annuelles de la consommation d'énergie totale attribuables à l'activité, à la structure, au niveau de service et à l'efficacité énergétique

Text Box: Variation de la consommation (PJ)Ce graphique linéaire simple montre quatre lignes représentant les changements annuels à la consommation globale d'énergie au Canada attribuables à l'activité, la structure, le niveau de service et l'efficacité énergique respectivement pour la période de 1990 à 2004. On y trouve aussi une cinquième ligne montrant les changements annuels totals de la consommation canadienne d'énergie. Le graphique montre la consommation d'énergie totale au Canada augmentant de 23 % au cours de la période de référence du graphique et qui est en grande partie attribuable à l'augmentation de l'activité. Le graphique montre aussi que l'efficacité énergétique a permis d'éviter une consommation énergétique de 903 pétajoules au cours de cette période.

La ventilation par secteur est illustrée aux pièces 4.2 et 4.3.

Figure 4.2 : Répartition de l'utilisation finale de l'énergie selon le secteur, 2004

Ce graphique à secteurs, montre la répartition de l'utilisation finale de l'énergie par secteur pour l'année 2004. Il montre que le secteur industriel a représenté la plus grande part (39 %) de l'utilisation finale de l'énergie, suivi par les transports (29 %), le résidentiel (16 %), le commercial / institutionnel (14 %) et l'agriculture (2 %).

Figure 4.3 : Évolution de l'utilisation finale de l'énergie secondaire et facteurs contributifs, 1990-2004

Ce tableau montre les changements de l'utilisation finale de l'énergie secondaire et les facteurs contribuant pour la période de 1990 à 2004. Le secteur résidentiel a utilisé 1 289 pétajoules d'énergie en 1990 et 1 395 en 2004. L'activité a augmenté de 26 %, l'intensité a diminué de 12 % et l'efficacité a augmenté de 21 %. Le secteur commercial / institutionnel a utilisé 858 pétajoules en 1990 et 1 152 en 2004. L'activité a augmenté de 25 %, l'intensité a diminué de 9 %, l'efficacité n'a pas changé. Le secteur industriel a utilisé 2 717 pétajoules en 1990 et 3 277 en 2004. L'activité a augmenté de 40 %, l'intensité a diminué de 17 % et l'efficacité a augmenté de 12 %. Le transport de passagers a utilisé 1 139 pétajoules en 1990 et 1334 en 2004. L'activité a augmenté de 28 %, l'intensité a diminué de 10 % et l'efficacité a augmenté de 1 %. Le transport du fret a utilisé 685 pétajoules en 1990 et 1 035 en 2004. L'activité a augmenté de 51 %, l'intensité a diminué de 0,2 % et l'efficacité a augmenté de 22 %. L'agriculture a utilité 199 pétajoules en 1990 et 209 en 2004. L'intensité a diminué de 1 %.

Les améliorations de l'efficacité énergétique se sont soldées par une baisse d'environ 17 % de l'intensité énergétique du PIB15; cependant, en raison de la hausse du PIB par habitant, l'intensité énergétique de la population s'est accrue d'environ 8 %. Les pièces 4.4 et 4.5 présentent une comparaison avec les pays du G7 et la moyenne des pays de l'OCDE. Bien qu'il importe, quand on fait des comparaisons internationales, de comprendre et de prendre en compte les facteurs contextuels (p. ex. la réunification de l'Allemagne; la baisse de la production des centrales thermiques alimentées au charbon au Royaume-Uni; la vaste superficie et la rigueur du climat au Canada), ces facteurs ne suffisent pas à expliquer le niveau relativement élevé de l'intensité énergétique par dollar de PIB au Canada (ni le niveau encore plus élevé au regard du PIB par habitant). Du reste, même si ces intensités sont considérablement supérieures à la moyenne, elles augmentent à un rythme tout juste inférieur à la moyenne.

Figure 4.4 : Taux de variation de l'intensité énergétique en fonction de la population et du PIB, pays choisis de l'OCDE, 1990-200416

Ce diagramme à barres horizontales montre le changement de pourcentage des intensités de l'énergie en population et en produits intérieurs bruts de certains pays de l'Organisation de coopération et développement économiques. Aux États­Unis, l'intensité du produit intérieur brut par unité a diminué de 14 % de 1990 à 2004, alors que l'intensité par personne a augmenté de 9 %. Au Royaume-Uni, l'intensité du produit intérieur brut par unité a diminué de 21 % et l'intensité par personne a augmenté de 3 %. Au Japon, l'intensité du produit intérieur brut par unité a diminué de 3 % et l'intensité par personne a augmenté de 17 %. En Italie, l'intensité du produit intérieur brut par unité a augmenté de 3 % et l'intensité par personne de 23 %. En Allemagne, l'intensité du produit intérieur brut par unité a diminué de 21 % et l'intensité par personne de 6 %. En France, l'intensité du produit intérieur brut par unité a diminué de 5 % et l'intensité par personne a augmenté de 14 %. Au Canada, l'intensité du produit intérieur brut par unité a diminué de 15 % et l'intensité par personne a augmenté de 8 %. Pour l'Organisation de coopération et de développement économiques, l'intensité du produit intérieur brut par unité a diminué de 14 % et l'intensité par personne a augmenté de 9 %.

Figure 4.5 : Intensité énergétique en fonction de la population et du PIB, pays choisis de l'OCDE17

Ce diagramme à barres horizontales montre les intensités de la population et du produit intérieur brut en énergie de pays choisis de l'Organisation de coopération et de développement économiques en 2004, mesurées en tonnes d'équivalent pétrole par personne et tonnes d'équivalent pétrole par milliers dollars américains de 2000 des produis intérieurs bruts. Le diagramme montre cette information pour l'ensemble des pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques, les États­Unis, le Royaume-Uni, le Japon, l'Italie, l'Allemagne, la France et le Canada. Des pays décrits, le Canada et les États­Unis ont les intensités par personne les plus élevées et le Canada a l'intensité par produit intérieur brut la plus élevée. L'Italie a la plus basse intensité par personne et la plus basse intensité de produit intérieur brut. Pour tous les pays sauf les États­Unis et le Canada, il est montré que l'intensité par produit intérieur brut dépasse l'intensité par personne. Au Canada, les deux mesures d'intensité sont montrées à presque égalité et aux États­Unis, on voit que l'intensité par personne dépasse de façon marquée l'intensité du produit intérieur brut.

4.2 Le secteur résidentiel

Entre 1990 et 2004, la consommation d'énergie totale dans le secteur résidentiel a augmenté de 106 PJ, ou 8 % (pièce 4.6), surtout à cause de la croissance de l'activité (croissance de 25 % du nombre de ménages et croissance de 29 % de la superficie utile)18. Pendant ce temps, l'efficacité énergétique s'améliorait de 21 %, pour des baisses d'intensité énergétique nettes de 12 et 15 %, respectivement sur la base du nombre de ménages et de la superficie utile. La pièce 4.7 résume la répartition selon l'utilisation finale.

La tendance à long terme à la baisse du nombre de personnes par ménage ainsi que l'augmentation de la superficie des maisons, combinée à la croissance démographique, ont contrebalancé les gains d'efficacité technique.

Figure 4.6 : Variations annuelles de la consommation d'énergie attribuables à l'activité, à la structure et à l'efficacité énergétique, secteur résidentiel

Text Box: Variation de la consommation (PJ)Ce graphique linéaire simple comprend trois lignes montrant les changements annuels de l'utilisation d'énergie résidentielle attribuable à l'activité, la structure et l'efficacité énergétique, respectivement, pour la période de 1990 à 2004. Il comprend une quatrième ligne montrant les changements annuels totals de consommation d'énergie résidentielle. Le graphique couvre la période de 1990 à 2004. Il montre qu'au cours de cette période, l'utilisation d'énergie résidentielle a augmenté de 8 %, principalement à cause de l'activité accrue dans le secteur résidentiel. Le graphique montre qu'au cours de cette période, l'efficacité énergétique s'est améliorée de 21 %, compensant à un certain point les augmentations provoquées par l'activité accrue et l'utilisation accrue d'énergie attribuables aux changements structurels.

Figure 4.7 : Part des utilisations finales dans la consommation totale d'énergie (1 395 PJ), 2004, et dans l'évolution de la consommation et de l'intensité énergétique, 1990-2004, secteur résidentiel

Cette figure comprend un diagramme à secteurs et un diagramme à barres horizontales. Le diagramme à secteurs montre les parts d'utilisation finales en 2004 de la consommation d'énergie résidentielle totale pour l'année 2004. Il montre que le chauffage a représenté 56 % de la consommation, l'eau chaude 25 %, les appareils ménagers 13 %, l'éclairage 5 % et le refroidissement 1 %. Le diagramme à barres horizontales montre les changements de la consommation d'énergie d'utilisation finale, l'intensité par ménage et l'intensité par mètre carré de 1990 à 2004. Le diagramme montre que les mesures de l'intensité ont diminué pour toutes les utilisations de l'énergie (sauf l'éclairage, où l'intensité par ménage a augmenté de 2 %, et le refroidissement, où l'intensité par ménage a augmenté de 29 %) alors que la consommation a augmenté. Les plus fortes augmentations de consommation d'énergie ont eu lieu pour le refroidissement, qui a consommé 76 % de plus d'énergie en 2004 qu'en 1990, Le chauffage a montré la plus petite augmentation de consommation au cours de cette période de temps, soit 4 %.

4.2.1   Le chauffage

Le chauffage est la principale catégorie de consommation d’énergie par les ménages; il représente à peu près 56 % de la consommation d’énergie totale du secteur résidentiel. L’intensité énergétique du chauffage s’est améliorée de 20 % de 1990 à 2004 sur la base de la superficie utile. Cette réduction découle principalement d’une augmentation de la pénétration du marché par les équipements à niveau d’efficacité moyen et élevé, ainsi que par la substitution des sources d’énergie. Les gains d’efficacité technique ont été contrebalancés dans une certaine mesure par l’accroissement de la superficie utile, comme l’indique le taux de réduction de l’intensité énergétique du chauffage par ménage, qui n’est que de 16 %.

4.2.2   L’eau chaude sanitaire

Le chauffage de l’eau à des fins sanitaires représente 25 % de la consommation d’énergie dans le secteur résidentiel. L’intensité énergétique des chauffe-eau domestiques a diminué de 11 % au cours de la période de 1990 à 2004, à la fois en raison du passage du mazout au gaz naturel et des améliorations apportées à la technologie des chauffe-eau au gaz. Le gaz naturel assure 58 % du chauffage de l’eau et l’électricité, environ 37 %. La part de marché du gaz naturel s’est accrue d’environ 6 %, principalement aux dépens de l’électricité et du mazout. Au niveau de l’utilisation finale, les chauffe-eau électriques ont une efficacité de 100 % (abstraction faite de la perte de chaleur du réservoir), dans la mesure où l’électricité provient d’une centrale thermique; cependant, le chauffage de l’eau à l’électricité est moins efficace que le chauffage au gaz sur la base de l’ensemble du système. (Remarque : Les données utilisées ici étant axées uniquement sur l’utilisation finale, cette distinction n’est pas prise en compte.)

4.2.3   Les appareils ménagers et la charge des prises de courant

Ensemble, les appareils ménagers et les charges des prises de courant sont à l’origine de 13 % de la consommation d’énergie dans le secteur résidentiel. L’intensité énergétique totale des appareils ménagers par ménage a diminué de 12 % entre 1990 et 2004. Les appareils ménagers standards (le réfrigérateur, le congélateur, le lave-vaisselle, la lessiveuse, la sécheuse, le poêle) sont responsables de la majeure partie des gains d’efficacité (pour une baisse d’intensité de 29 %), tandis que la hausse de la consommation d’énergie attribuable aux « autres » appareils ménagers (charge des prises de courant) a réduit ces gains de près de la moitié (l’intensité de la charge des prises de courant a augmenté de 37 %). On prévoit qu’avec la diversification et la pénétration sur le marché des produits électroniques de consommation, et plus particulièrement la tendance vers la haute définition et les grands écrans des systèmes audiovisuels domestiques, la charge des prises de courant continuera d’augmenter.

4.2.4   L’éclairage

L’éclairage représente environ 5 % de la consommation résidentielle d’énergie d’utilisation finale. L’intensité énergétique de l’éclairage résidentiel s’est améliorée de 2 % par unité de superficie de 1990 à 2004; toutefois, la consommation d’énergie pour l’éclairage s’est accrue avec la superficie moyenne des maisons, de sorte que les ménages ont consommé en moyenne légèrement plus d’énergie pour s’éclairer en 2004 qu’en 1990 (hausse de 2 % de l’intensité par ménage). On prévoit d’autres gains d’efficacité avec l’augmentation de la pénétration du marché par les lampes fluorescentes compactes et le développement d’applications résidentielles de la diode électroluminescente (DEL).

4.2.5   La climatisation

La climatisation des locaux représente un peu moins de 1 % de la consommation résidentielle d’énergie in Canada. L’efficacité technique de l’équipement de climatisation s’est nettement accrue (réduction de 21 % de l’intensité énergétique par unité de surface) au cours de la période de 1990 à 2004, en grande partie grâce à la réglementation des climatiseurs autonomes et centraux aux termes du Règlement sur l’efficacité énergétique du Canada, entré en vigueur en 1995 (les normes ont été mises à jour en 2003 et en 2006).

Malgré les gains d’efficacité technique, la consommation d’énergie pour la climatisation a nettement augmenté, et même si elle conserve une part modeste de l’ensemble de la consommation d’énergie, c’est elle qui joue le rôle le plus important de toutes les utilisations finales résidentielles dans les exigences de capacité électrique en Ontario (33 % de la demande résidentielle de pointe en été)19. Entre 1990 et 2004, dans le secteur résidentiel, la superficie utile climatisée et le nombre d’unités de climatisation ont doublé. Cette croissance s’observe surtout en Ontario, bien que le Québec, le Manitoba et l’Alberta aient également connu une certaine croissance. D’après RNCan, les effets des conditions météorologiques contribuent à cette hausse dans une mesure variable d’une année à l’autre. Dans l’ensemble, à l’exception de l’été 2000, tous les étés depuis 1998 ont été plus chauds que la moyenne.

4.3       Le secteur commercial et institutionnel

La consommation d’énergie dans le secteur commercial et institutionnel s’est accrue de 294 PJ (34 %) entre 1990 et 2004 (pièce 4.8). Cette hausse résulte principalement d’une croissance de l’activité (augmentation de 24 % de la superficie utile)20; cependant, l’augmentation du niveau de service de l’équipement auxiliaire est un autre facteur contributif d’importance (75 PJ). La pièce 4.9 présente la répartition de la consommation d’énergie selon l’utilisation finale; la pièce 4.10 présente pour sa part l’évolution de l’intensité énergétique du secteur commercial, selon l’utilisation finale.

Figure 4.8 : Variations annuelles de la consommation d'énergie attribuables à l'activité, à la structure, au niveau de service et à l'efficacité énergétique, secteur commercial

Text Box: Varioation de la consommation (PJ)Ce graphique linéaire simple utilise trois lignes pour montrer les changements annuels de l'utilisation d'énergie commerciale attribuables à l'activité, la structure, le niveau de service et l'efficacité énergétique, respectivement, pour la période de 1990 à 2004. Il comprend une quatrième ligne qui montre le changement total de l'utilisation d'énergie commerciale. Le graphique montre que l'utilisation d'énergie totale a augmenté de 34 % au cours de cette période de temps, et que ce changement a été accompagné par des augmentations de l'utilisation d'énergie étant donné l'activité, le niveau de service et, à un degré moindre, la structure. L'efficacité énergétique s'est améliorée de moins de 1 % au cours de cette période de temps.

Si l'amélioration de l'efficacité a permis des économies d'énergie au fil des ans, l'évolution récente semble se solder par un revirement net des gains antérieurs. Dans l'ensemble, l'efficacité énergétique du secteur commercial s'est améliorée de moins de 1 % entre 1990 et 2004 (3 PJ). D'après les données de RNCan, entre 1999 et 2004, le secteur commercial a connu une croissance de 8 % de la superficie utile, accompagnée d'une hausse de 20 % de la consommation d'énergie. Cette croissance rapide de la consommation d'énergie est attribuable à la forte hausse de la consommation de mazout lourd (188 %) et de mazout léger et kérosène (95 %). Une portion de cette pointe de consommation pourrait être attribuable au remplacement du gaz naturel par d'autres sources d'énergie à la suite des hausses de prix (forte pointe en 2000), mais pour l'heure, ni Statistique Canada ni Ressources naturelles Canada ne possède d'explication de cette croissance de la consommation de combustible. Cela dit, il se peut qu'une partie de la consommation de combustible soit attribuée à tort aux marchands de combustible (assimilés au secteur commercial et institutionnel) qui font de la revente à d'autres secteurs. Dans ce cas, les statistiques de 1999 à 2004 donnent peut-être une représentation fausse de l'efficacité du secteur commercial. Les gains d'efficacité réalisés au cours de la période de 1990 à 1999 sont de l'ordre de 8 %.

Figure 4.9 : Part des utilisations finales dans la consommation totale d'énergie (1 163 PJ), 2004, et dans l'évolution de la consommation et de l'intensité énergétique, 1990-2004, secteur commercial

Cette figure comprend un diagramme à secteurs  et un diagramme à barres horizontales. Le diagramme à secteurs montre les parts d'utilisation finales en 2004 de la consommation totale d'énergie commerciale pour l'année 2004. Il montre que le chauffage localisé a représenté 53 % de la consommation, suivi par l'équipement auxiliaire à 14 %, l'éclairage à 10 %, le chauffage de l'eau à 9 %, les moteurs auxiliaires à 8 % et le refroidissement de l'espace à 6 %. Le diagramme à barres horizontales montre les changements de la consommation d'énergie d'utilisation finale et l'intensité par mètre carré. Le diagramme indique que la consommation a augmenté pour toutes les utilisations finales d'énergie, la plus forte augmentation ayant lieu dans l'équipement auxiliaire et le refroidissement de l'espace. L'intensité par mètre carré a augmenté pour le chauffage localisé (6 %), le chauffage de l'eau (22 %), le refroidissement de l'espace (48 %) et l'équipement auxiliaire (65 %). L'intensité énergétique de l'éclairage et des moteurs auxiliaires a diminué de 17 %.

4.3.1 Le chauffage des locaux 

Le chauffage des locaux représente environ 53 % de la consommation commerciale d'énergie. L'intensité énergétique du chauffage commercial par unité de superficie s'est accrue de 6 % au cours de la période de 1990 à 2004. Cette croissance pourrait être attribuable, en tout ou en partie, à l'anomalie possible dans l'affectation du mazout dont il a été question plus haut.

4.3.2 L'équipement auxiliaire 

L'amélioration d'efficacité la plus remarquable s'est produite dans l'utilisation finale de l'équipement auxiliaire, qui représente 14 % de la consommation commerciale d'énergie. Les gains d'efficacité par sous-secteur varient de 22 à 36 %, et c'est le principal sous-secteur (les bureaux) qui enregistre la plus forte hausse d'efficacité de l'équipement auxiliaire. Ces gains ont été neutralisés par la hausse des niveaux de service - c'est-à-dire la pénétration accrue du marché par l'équipement de bureau, les ordinateurs, les télécopieurs, etc. - pendant toute la décennie 1990, laquelle s'est soldée par une augmentation nette de 65 % de l'intensité énergétique. Bien que leur taux de croissance ait ralenti, les niveaux de service de l'équipement auxiliaire ont continué d'augmenter.

4.3.3 L'éclairage 

L'éclairage consomme 10 % de l'énergie dans le secteur commercial. La hausse de l'efficacité énergétique de l'éclairage dans les sous-secteurs commerciaux varie de 15 à 22 %; c'est encore le sous-secteur le plus important (les bureaux) qui enregistre la plus forte hausse d'efficacité. Dans l'ensemble, l'intensité énergétique de l'éclairage commercial a diminué de 17 % entre 1990 et 2004.

4.3.4 Le chauffage de l'eau 

Le chauffage de l'eau représente environ 9 % de la consommation d'énergie dans le secteur commercial. D'après les données de RNCan, l'efficacité énergétique du chauffage de l'eau à des fins commerciales s'est améliorée de 22 %. Aucune tendance de la technologie ou de la substitution des sources d'énergie ne semble expliquer cette amélioration, ce qui laisse supposer une fois de plus que ce résultat reflète les erreurs d'attribution de la consommation de mazout décrites plus haut.

4.3.5 Les moteurs auxiliaires 

Dans le secteur commercial, les moteurs auxiliaires sont principalement associés aux systèmes de ventilation, mais cette catégorie comprend aussi les escaliers roulants, les ascenseurs et d'autres équipements d'immeuble. Globalement, les moteurs auxiliaires représentent environ 8 % de la consommation d'énergie de ce secteur. L'amélioration de l'efficacité énergétique dans les sous-secteurs commerciaux varie de 15 à 22 %; c'est le sous-secteur des bureaux qui enregistre le meilleur gain d'efficacité. Dans l'ensemble du secteur commercial, l'intensité énergétique des moteurs auxiliaires s'est améliorée de 17 % de 1990 à 2004.

4.3.6 La climatisation  

La climatisation représente environ 6 % de la consommation d'énergie du secteur; tout comme la climatisation résidentielle, c'est l'utilisation finale du secteur commercial qui contribue le plus à la charge de pointe d'été en Ontario (57 % de la demande commerciale de pointe)21. Au cours de la période de 1990 à 2004, la climatisation des locaux commerciaux a connu une hausse de 48 % de l'intensité énergétique par unité de surface. Cette croissance est surtout attribuable à l'augmentation de la superficie climatisée (p. ex. dans le sous-secteur des bureaux, la proportion de l'espace climatisé est passée de 75 à 100 % au cours de la période). Elle pourrait aussi découler en partie de l'augmentation des niveaux de service de la climatisation, notamment dans la croissance de l'équipement auxiliaire et des exigences de climatisation dédiée qui en résultent (p. ex. les parcs de serveurs).